After

Sacre-Coeur from Buttes-Chaumont by Lisa Donneson

 

I arrived in Paris two weeks after the November 13, 2015 terror attacks and in the middle of the United Nations Conference on Climate Change. Armed police, soldiers and security personnel were out in force to protect the city’s national monuments, foreign offices, residents and visitors. Certain sites had been closed to the public and a number of streets were barricaded against vehicles and pedestrians. There were enhanced security measures at museums, monuments, offices and stores, and the procedures for entering them were similar to those at airport checkpoints.

The Place de la République had become Paris’ Ground Zero. This plaza, which symbolizes liberté, egalité and fraternité, seemed the city’s central point of mourning, gathering and praying for peace. Layers of wreaths, flags, flowers, candles, photographs, notes, signs, and clothing were left here and at Bataclan Café theatre, La Belle Époque restaurant and Le Petit Cambodge restaurant in honor of the victims and the Republic.

The Paris that I have visited over the years, sometimes for a month-long stay, is full of romance and light. I have loved the grandeur of its royal squares, such as Place des Vosges and Place des Victoires, the elegant layouts of its gardens, the wealth of masterpieces at its museums, the dazzling new buildings by  “starchitects,” the artfully presented shop windows, the flair with which Parisian women tie their scarves, the charming rhythm and pronunciation of the French language (how one connects les hommes, but not les halles). During this trip to Paris, however, an ever- present dirge played in the background.

I took a cooking class one afternoon and the owner of the school told me he had received 50 cancellations after November 13th. Everyone in Paris knew someone, directly or indirectly, that had been a victim. Many photographs had been left at the various sites of the attacks, and the victims looked so familiar, so young. When Parisians asked me where I was from and I said , “New York,” they looked at me and said, “Then you understand.”

Life went on in Paris, but more guarded. Nôtre-Dame was illuminated and admired by scores of visitors every night, but its plaza was patrolled by armed soldiers. Tourists with selfie sticks continued to gather there and at other famous sites en masse, smiling for the camera, but there were no fireworks on New Year’s Eve. It was a good night to spend with family or close friends.

The photographs that follow are my impressions of what it was like to be there for a month following the tragic events of 2015 and observe people mourning, protecting, selling, shopping, working, playing, strolling and whizzing through its streets.

Paris’ coat of arms, with a picture of a boat, dates back to a 13th century seal, and along with the city’s motto that was officially adopted in the 19th century, it now appears on many public buildings: Fluctuat nec mergitur.

It is tossed by the waves but does not sink.

Je suis arrivée à Paris deux semaines après les attentats terroristes du 13 novembre 2015, pendant la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique. Dans toute la ville, personnel de sécurité, soldats et policiers armés étaient déployés en nombre pour protéger les monuments nationaux, les ambassades, les habitants et les touristes. Certains sites étaient fermés depuis plusieurs jours et de nombreuses rues étaient barricadées à la circulation, y compris pour les piétons. Les musées, monuments, bureaux et magasins faisaient l’objet de mesures de sécurité renforcées rappelant les points de contrôle des aéroports.

La Place de la République était devenue le « Ground Zero » de Paris. Cette place, symbole de la devise Liberté, Égalité, Fraternité, s’était transformée en lieu de recueillement, de rassemblement et de prières pour la paix. Des milliers de fleurs, de drapeaux, de bougies, de photos, de messages, de dessins et de vêtements y avaient été déposés à la mémoire des victimes et en l’honneur de la République, tout comme devant la salle du Bataclan et les restaurants La Belle Époque et Le Petit Cambodge.

La ville que j’ai découverte au fil des années, parfois lors de mes séjours d’un mois, m’a toujours frappée par son romantisme et ses lumières. J’ai été séduite par la grandeur de ses places royales, telles que la Place des Vosges et la Place des Victoires, par l’élégance de ses jardins, par la richesse de ses musées et des œuvres d’art qu’ils renferment, par l’architecture saisissante de ses bâtiments modernes, par les vitrines décorées magnifiquement bien, par l’élégance avec laquelle les Parisiennes nouent leur foulard, mais aussi par le rythme séduisant et la prononciation de la langue française (notamment par cette règle qui veut que l’on entende la liaison dans les hommes, mais pas dans les halles). Ce dernier séjour à Paris, en revanche, fut empreint d’une profonde tristesse.

Un après-midi, alors que je participais à un cours de cuisine, le responsable de l’école m’a appris qu’il avait enregistré 50 annulations suite aux attentats et que tout le monde à Paris connaissait directement ou indirectement l’une des victimes. Ces attaques visaient la jeunesse de Paris. Les photos déposées sur les différents sites ciblés par les attentats révélaient des visages aussi jeunes que familiers. Lorsque les Parisiens me demandaient d’où je venais et que je répondais que j’étais de New York, ils me regardaient dans les yeux et me disaient : « Je sais ce que vous ressentez. »

La vie a continué à Paris, mais sous haute sécurité. La cathédrale Notre-Dame est restée illuminée et des foules de visiteurs ont continué à venir l’admirer chaque soir, mais son parvis était gardé par des soldats armés et vigilants. Les touristes, leur selfie à la main, souriant pour la photo, continuaient de visiter le lieu, tout comme d’autres sites touristiques célèbres de la capitale, mais aucun feu d’artifice n’a été tiré le jour de l’An. Cette année, le réveillon a surtout été l’occasion de se rassembler en famille ou entre amis.

Ce livre décrit la ville de Paris telle que je l’ai vue un mois après les événements tragiques de 2015. J’ai vu ses habitants se recueillir, chercher à protéger leur culture, ouvrir leurs magasins, faire leurs achats, travailler, jouer, se promener ou s’empresser dans les rues de la Ville lumière. L’origine du blason de Paris, qui représente un bateau, remonte au 13e siècle. Aujourd’hui, ces armoiries sont présentes sur de nombreux bâtiments publics, accompagnées de la devise de la ville, adoptée officiellement au 19e siècle : Fluctuat nec mergitur.

Elle est agitée par les vagues, et ne sombre pas”